Le Héron cendré

Chaque mois, Michel Brugière vous propose un article dédié aux oiseaux de notre commune.  

  

Le Héron cendré (Ardea cinerea)

Ordre : Pélécaniformes

Famille : Ardéidés

 

Morphologie

Taille : 90 à 98 cm
Envergure : 175 à 195 cm
Poids : 1 465 à 1 519 grammes
Longévité : 8 à 9 ans en moyenne.

 

 

Description de la famille

Les Ardéidés sont des oiseaux de taille moyenne à très grande, caractérisés par un long cou, de longues pattes et un long bec. Au repos et en vol, leur cou est replié en forme de S. Il se tend lorsque l'oiseau est en alerte ou lorsqu'il capture une proie. En vol, les pattes sont tendues vers l'arrière. Leur bec, en forme de poignard, est caractéristique des oiseaux piscivores, même si leur régime alimentaire peut être varié.

On trouve les Ardéidés sur tous les continents, à l'exception de l'Antarctique.

Ils occupent une grande variété d'habitats humides ou aquatiques, mais certaines espèces fréquentent également des milieux terrestres.

Leur plumage est généralement discret, avec des teintes de gris et de brun, pouvant aller jusqu'au roux assez vif chez certaines espèces. Ces couleurs sont parfois ponctuées de marques contrastées.

Font exception les Ardéidés entièrement blancs, comme certaines aigrettes.

 

 

Identification

Le Héron cendré est l'un des plus grands Ardéidés et le plus grand héron d'Europe. On le reconnaît à sa grande taille, à son plumage gris et, en vol, à sa silhouette caractéristique.

Le plumage de l'adulte gagne en netteté avec l'âge. Les bords de la calotte deviennent bien noirs et se prolongent en une petite huppe. Le bec jaunit, le devant du cou présente de nettes stries noires, une tache blanche apparaît au niveau du poignet, au-dessus des petites couvertures noires, les scapulaires s'allongent et les pattes s'éclaircissent.

Ce plumage est celui que l'on observe pendant une grande partie de l'année. Toutefois, au cours de l'hiver, le plumage nuptial commence à se développer chez les adultes reproducteurs.

Le bec devient jaune orangé, les lores prennent une teinte bleutée, la huppe noire s'allonge et de longues plumes ornementales apparaissent au bas du cou et au niveau des scapulaires. Les pattes deviennent également plus jaunes.

Le mâle se distingue alors de la femelle par des teintes généralement plus vives. Ces caractéristiques contribuent à mettre en valeur l'adulte lors des parades nuptiales.

 

 

 

Chant

 

 

 

Description

Le Héron cendré est largement répandu dans l'Ancien Monde, de l'Atlantique au Pacifique et, en latitude, du nord de la Scandinavie et de la Sibérie jusqu'au sud de l'Afrique, de l'Inde et de l'Indonésie.

Il est absent des zones arctiques, des grandes régions désertiques (Sahara, Arabie, déserts asiatiques), ainsi que de l'Océanie (Australie, Papouasie-Nouvelle-Guinée, etc.).

 

 

Vol et déplacements

Comme les autres Ardéidés, le Héron cendré replie son cou en vol afin d'équilibrer le poids de son corps. Le cou forme alors une boucle proéminente sous le corps. Les pattes sont tendues vers l'arrière.

Ses ailes, longues et larges, présentent une silhouette caractéristique, avec le poignet surélevé et les extrémités tombantes.

Ces caractéristiques donnent au Héron cendré une silhouette facilement reconnaissable. Son vol est ample, lourd et puissant. Il est capable de parcourir de grandes distances et de nombreuses populations sont migratrices.

 

 

 

Comportement et traits de caractère

Le Héron cendré est fondamentalement un oiseau grégaire. À la belle saison, les adultes se reproduisent en colonies qui peuvent compter plusieurs centaines de nids. La territorialité est alors limitée aux abords immédiats du nid.

En dehors de la saison de reproduction pour les adultes, et tout au long de l'année pour les jeunes oiseaux immatures, les hérons se rassemblent pour passer la nuit dans des dortoirs situés dans des endroits qui les protègent des prédateurs : arbres, îlots de plans d'eau, vasières, etc.

À l'inverse, lorsqu'ils sont en pêche, ils deviennent très solitaires et territoriaux. Ils défendent alors vivement leurs zones de pêche contre les intrus.

Les Hérons cendrés sont de nature farouche et gardent leurs distances vis-à-vis de l'homme. Cela ne les empêche toutefois pas de se montrer opportunistes. En milieu urbain, ils peuvent, par exemple, venir tôt le matin ou tard le soir vider un bassin de ses poissons rouges.

L'espèce est monogame pendant la reproduction, mais il semble que les liens du couple ne durent que le temps d'une nidification. Il n'existe pas de fidélité durable au partenaire, contrairement à ce que l'on peut observer chez certains autres groupes d'oiseaux, notamment les rapaces.

On pourrait penser que ces grands oiseaux sont gênés par leurs longues ailes et leurs grandes pattes lorsqu'ils évoluent dans les arbres. Pourtant, cela ne semble pas être le cas. Leurs ailes leur permettent de conserver leur équilibre et leurs longs doigts de saisir les branches, même les plus fines.

 

 

Habitat

Le Héron cendré fréquente les eaux douces ou saumâtres, à condition qu'elles soient suffisamment poissonneuses.

En période inter-nuptiale, il fréquente également les milieux agricoles, où il chasse les rongeurs et d'autres proies terrestres.

Pour la reproduction, il recherche des milieux arborés comportant de grands arbres pour installer son nid : forêts, ripisylves, peupleraies, bosquets et parcs. Localement, il peut également choisir les roselières pour nicher.

 

 

 

 

Alimentation

Le Héron cendré se nourrit essentiellement de poissons, notamment pour alimenter ses jeunes. Son régime alimentaire comprend également des amphibiens, comme les grenouilles, certains invertébrés, comme les écrevisses, ainsi que d'autres animaux, tels que les couleuvres à collier ou les musaraignes aquatiques.

En période inter-nuptiale, on l'observe souvent en milieu terrestre, notamment dans les prairies, où il chasse les campagnols et probablement aussi les vers de terre.

Pour pêcher, il reste parfaitement immobile, à l'affût, les yeux rivés sur la surface de l'eau. Une fois le poisson repéré, il projette son cou avec une détente foudroyante pour capturer sa proie. Si celle-ci est suffisamment volumineuse, il peut la harponner avec son bec en forme de poignard.

Les grosses proies terrestres sont tuées à coups de bec avant d'être avalées.

 

 

Reproduction et nidification

Le nid est généralement construit dans un grand arbre, le plus souvent dans la canopée, à l'extrémité d'une branche.

Il est constitué de branchettes et de brindilles formant une coupe sommaire, garnie de végétaux plus fins. Il est assez large et plat, mais paraît relativement petit au regard de la taille de l'oiseau.

Malgré sa structure assez fragile, le nid peut être utilisé pendant plusieurs années, notamment lorsqu'il est installé dans un arbre. Il gagne alors progressivement en volume. Un même arbre peut accueillir plusieurs nids, parfois dix ou davantage.

La femelle pond généralement de 3 à 5 œufs mats, d'un bleu-vert clair. L'incubation est assurée alternativement par les deux parents et dure environ 26 jours.

À la naissance, les poussins ont un aspect assez comique, avec leur duvet blanc dressé sur la tête.

Les jeunes séjournent au nid pendant environ deux mois. Ils ne maîtrisent véritablement leur vol qu'à partir de l'âge de 55 jours environ.

 

 

Menaces et protection

Actuellement, l'espèce se porte bien, au moins en Europe, grâce notamment à sa protection réglementaire totale.

 

 

 

   

Et pour consulter les anciens articles : 

 

Le merle noir
Le pinson des arbres
Le rougequeue noir
Le bruant jaune 
La fauvette grisette
Le bouvreuil pivoine
La linotte mélodieuse
Le grimpereau des jardins
Le rouge-gorge familier
Le pic épeiche
La troglodyte mignon
La Bouscarle de Cetti
L'alouette
Le pic noir
Le geai des chênes
La fauvette à tête noire
Le grosbec casse-noyaux
Le coucou gris
La chouette hulotte
Le loriot d'Europe
Le rossignol philomèle
La bergéronnette printanière
Le Martin Pêcheur d’Europe
L'hirondelle
La sittelle

 

 

Michel Brugière est né dans un petit village de Touraine au bord de la Loire. Photographe amateur passionné par l’ornithologie depuis son plus jeune âge, retraité depuis 2003, il se consacre pleinement à la photographie de cet univers.

Sa passion naît très jeune : dès l'âge de 14 ans, avec un jouet en bois de sa propre invention imitant un appareil photo "clic clac", il prenait virtuellement en photo les animaux de la ferme de ses parents à Savigny-en-Véron, en Touraine.

Dès lors, il commence à économiser pendant sa formation d'apprenti maréchal-ferrant pour s'acheter son premier appareil photo, un véritable appareil bien loin du jouet en bois !

Le temps passe et sa passion se renforce. Il devient pompier professionnel à Rambouillet; la photographie animalière devient alors pour lui une respiration, un moment pour changer d’air, se ressourcer, et s’imprégner des couleurs et des odeurs du monde vivant.

 

 

"J'adore les milieux sauvages, marais, roselières, forêts, sentiers isolés et parfois les pelouses calcicoles pour photographier quelques orchidées et autres fleurs sauvages. Mon souhait, à travers mes prises de vues, est de partager l'existence des animaux, de souligner la beauté des plumages et de saisir l'instant d'une posture. Ma passion va bien au-delà d'un simple amusement aujourd'hui.

Je pourrais vous en parler pendant des heures, de mes souvenirs de prises de vues et de mes attentes interminables pour capturer l'image parfaite.

Des anecdotes, j'en ai plein ma besace : du martin-pêcheur au tétras lyre, en passant par le guêpier d'Europe et bien d'autres ; des levers à l'aube aux longues heures d'attente, des émotions extraordinaires...

 

Aujourd'hui, pris dans les filets de ma curiosité et de la beauté, je continue d'arpenter les chemins d'Eure-et-Loir et d'autres coins de France et vous propose de voyager avec moi à travers ces chroniques"